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Pourquoi Jean-Claude Mailly participe à la journée du 29 mars Culture et Travail ?

14 Mars 2017, 12:00pm

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain

Colloque au Sénat : l’aide à domicile appelle au secours

Jeudi 9 mars s’est tenue une rencontre nationale sur l’accompagnement à domicile des personnes âgées, sous l’égide du Sénat à Paris. Pour la première fois, tous les acteurs, représentants des retraités, des salariés et des employeurs, étaient réunis. Objectif : débattre et trouver des solutions pour sauver un système à bout de souffle.

Salaires indécents, dégradation extrême des conditions de travail, restes à charge importants pour les personnes âgées dépendantes, étranglement financier des associations œuvrant dans l’aide à domicile : les difficultés sans précédent du secteur, qui emploie 228 000 salariés, à 95% des femmes dont les trois-quarts à temps partiel, nécessitent une réaction forte et des solutions de financement pérennes. Car il s’agit ni plus ni moins de répondre au vœu d’une immense majorité de la population : pouvoir vieillir et vivre le plus longtemps chez soi.

Augmenter les dotations aux associations

C’est ce qu’a rappelé en substance le sénateur Dominique Watrin, à l’origine d’une rencontre nationale des acteurs de l’aide à domicile, le 9 mars 2017, au Sénat. Une première, a-t-il souligné. L’élu communiste propose notamment de rémunérer les associations d’aide à domicile 25 euros de l’heure, alors que les départements ne rémunèrent aujourd’hui leurs services en moyenne qu’à hauteur 17,5 ou 18,5 euros, et que les montants varient d’un département à un autre. Un point sur lequel les organisations syndicales de retraités et de salariés ont dit leur accord. Les employeurs ont eux demandé un temps de réflexion.

Pour un financement de la dépendance par la Sécurité sociale

Pour Didier Hotte, secrétaire adjoint de l’Union confédérale des retraités FO (UCR-FO), la question du financement de l’aide à domicile, et plus largement de la dépendance, reste centrale. Il a rappelé la position de FO d’un financement assuré par la Sécurité sociale. Il a en outre estimé que c’était un peu raide de faire payer aux retraités, comme c’est aujourd’hui le cas, le coût des aides en lien avec leur dépendance, via une taxe baptisée CASA (Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie).

Baisse des dotations de l’État aux départements

Il a en outre dénoncé les baisses de dotations de l’État aux départements, qui se répercutent sur les budgets des associations, et in fine sur les salariés et la qualité d’intervention auprès des usagers. S’ajoute à cette situation la déréglementation du secteur depuis 2005, avec la loi de développement des services à la personne, dite loi Borloo, qui a permis au secteur privé lucratif d’intervenir. Résultat : Une concurrence déloyale pour les associations d’aide à domicile du secteur non lucratif et pour leurs salariés.

« L’aide à domicile n’est pas un coût, mais une économie »

Dans un contexte où seule la rentabilité est bien souvent mise en avant, Josette Ragot, auxiliaire de vie sociale et militante FO, a pour sa part rappelé que l’aide à domicile n’est pas un coût, mais une économie et une qualité de vie et qu’elle est finançable. Une question de choix de société, comme l’ont dit plusieurs personnes au cours des débats.

Une urgence : augmenter les salaires

La priorité de FO reste l’attribution de moyens financiers à hauteur des besoins du secteur, pour assurer un service de qualité auprès des personnes âgées et pour augmenter les salaires. Une urgence absolue, car l’augmentation de 1% de la valeur du point en 2014, après cinq ans de gel des salaires, n’a pas permis aux salariés de sortir de la précarité. Aujourd’hui, une auxiliaire de vie nouvellement diplômée touche en moyenne 850 euros net par mois et une aide à domicile non diplômée moins de 650 euros net.

Défendre les diplômes d’État

Pour FO, il est primordial de préserver le diplôme national phare du secteur, le diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social, et d’y adjoindre une reconnaissance salariale. Parmi les revendications des syndicats figure aussi une augmentation de l’indemnité kilométrique à 0,41 euros/km et la prise en charge de tous les frais professionnels en lien avec le métier.

Pas assez de temps pour s’occuper des personnes

Nathalie Delzongle, qui a introduit au nom des syndicats (CFDT, CFTC, CGT et FO) le débat sur les conditions de travail, a souligné le manque de temps dont disposent les salariés de l’aide à domicile pour s’occuper correctement des personnes âgées – avec des interventions fractionnées en une demi-heure ou un quart d’heure pour rentrer dans le plan d’aide alloué à l’usager. Elle a dénoncé une véritable violence sociale pour les usagers et pour les salariés.

Elle a aussi rappelé le rôle central que jouent les salariés du secteur. Dans le maintien à domicile des personnes en perte d’autonomie, mais aussi dans la détection d’anomalies de santé chez la personne aidée.

Le gouvernement a lancé début février une campagne de valorisation de l’aide à domicile, avec l’objectif de créer 300 000 emplois supplémentaires d’ici à 2030. Encore faudrait-il y consacrer les moyens financiers nécessaires.

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