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Événement - FO Hebdo Couacs et rappels à l’ordre jusqu’au sein du gouvernement

31 Mai 2016, 12:38pm

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain

Si le président de la République et le Premier ministre s’obstinent à la fermeté sur le projet de loi Travail, les appels à la conciliation se multiplient au sein de la majorité.

Le 25 mai, Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, a proposé de réécrire l’article 2, qui acte l’inversion de la hiérarchie des normes. Le lendemain, le ministre de l’Économie Michel Sapin suggérait qu’il fallait « peut-être » toucher à l’article 2. Il s’est fait immédiatement recadrer par Manuel Valls. Le 27 mai, une cinquantaine de députés ont appelé François Hollande à « une sortie de crise ».

Certains menacent d’une nouvelle motion de censure si le 49-3 était à nouveau utilisé en deuxième lecture à l’Assemblée. En direct du sommet du G7 au Japon, François Hollande n’a cependant pas donné de signe d’ouverture.

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Jean-Claude Mailly : « Il faudrait que le gouvernement revienne sur le plancher des vaches. »

31 Mai 2016, 08:56am

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain

Le ton monte : voies ferrées investies, autoroutes bloquées ; après les grèves et les blocages chez les routiers, chez les cheminots et dans les raffineries, les centrales nucléaires sont entrées dans la danse. Des milliers de manifestants sont venus gonfler les effectifs des défilés et rassemblements au Havre, Rennes, Rouen, Lyon, Saint-Nazaire, Caen, Périgueux, Montpellier et Marseille. 100 000 personnes ont été décomptées à Paris. Cette huitième journée de mobilisation conserve le même objectif : le retrait de la loi Travail.

Ce jeudi 25 mai, Manuel Valls a évoqué sur RMC-BFM-TV d’éventuelles modifications du projet de loi. Mais il est hors de question pour le Premier ministre de changer la philosophie du texte et de toucher à l’article 2 qui inverse la hiérarchie des normes.

« Le Premier ministre reste toujours droit dans ses bottes, remarque Jean-Claude Mailly. Le texte n’a pas trouvé de majorité à l’Assemblée. Une majorité de syndicats est contre le projet de loi. Une majorité de français est également contre. Pourquoi s’entête-t-il ? Avoir de l’autorité en tant que Premier ministre, c’est normal. Être autoritariste, c’est autre chose. »


Le gouvernement doit lâcher

Le gouvernement chercherait-il l’affrontement ? C’est l’opinion de Lambert, 63 ans, qui attend assis sur un banc la mise en mouvement du cortège FO. « Le problème, c’est qu’avec cette attitude, tout le monde risque de laisser des plumes. »

Bras de fer : c’est l’expression choisie par François. « Il y a quelque mois, le gouvernement a commencé à parler du projet de loi mais refusait déjà de négocier avec les syndicats. » Pour cet homme de 47 ans, il faudrait que les Français se mobilisent plus et prennent conscience que ce mouvement défend l’ensemble des droits des salariés. Il note un point positif : d’après les sondages, la population comprend les grèves malgré les pénuries d’essence. « Le gouvernement ferait mieux de lâcher, remarque-t-il. Maintenant il faut de la patience et de la persévérance. »


Le FMI demande plus de réformes

Michèle est une retraitée de 69 ans. Pour cette ancienne responsable nationale syndicale, c’est clair, « Il ne faut pas céder, il faut aller jusqu’au retrait ». Concernant la position radicale du gouvernement, elle n’est pas étonnée et évoque les prises de position du FMI qui cette semaine a demandé à la France d’aller plus loin que la loi Travail en réformant l’assurance chômage.

Stéphanie tient la banderole, en tête du cortège FO. Elle souhaite une grève générale réelle. « Il faut bloquer le pays pour que le gouvernement cède ». Elle travaille à La Poste en Seine-et-Marne, pas très loin de la raffinerie de Grandpuits. Avec d’autres militants syndicaux, elle réfléchit à déposer un préavis de grève illimitée jusqu’au retrait du texte.


Manifestation nationale le 14 juin

« Le mouvement continuera tant que le gouvernement restera braqué », prévient Jean-Claude Mailly. Les assemblées générales sont programmées dans de nombreuses entreprises. Une votation sur les lieux de travail se met en place pour que les salariés transmettent le message au gouvernement. Prochaine mobilisation le 14 juin pour une manifestation nationale à Paris. « Manuel Valls ne devrait pas être surpris, conclut le secrétaire général de FO. Il y a plus d’un an je lui ai expliqué que l’inversion de la hiérarchie des normes, était une ligne rouge pour FO. Tant qu’il ne bougera pas sur cette question, FO sera dans le combat. »

Nadia Djabali

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Communiqué CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, FIDL, UNL

31 Mai 2016, 08:55am

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain

Loi Travail : un nouvel élan avec plus de salarié-es, jeunes, privé-es d’emploi, retraités dans l’action

La mobilisation contre le projet de loi travail s’amplifie et s’enracine durablement pour le retrait du projet de loi et l’obtention de nouveaux droits.

La détermination des salarié-es, jeunes, privé-es d’emploi et retraité-es est sans faille, comme le démontrent le nombre de manifestants ce jour et le nombre d’initiatives dans les entreprises, les sites industriels, les zones commerciales.

La violence des propos tenus par le gouvernement, le mépris à l’égard du mouvement social et son entêtement à ne pas retirer le projet de loi renforce cette détermination.

Les organisations réaffirment les termes de leur courrier commun envoyé le 20 mai au Président Hollande dans lequel elles demandaient à être reçues. Alors que celui-ci dit faire du dialogue social sa méthode de gouvernement, les organisations attendent toujours la réponse à leur courrier.

La mobilisation des salarié-es, jeunes et privé-es d’emploi est aujourd’hui majoritaire, l’opinion publique reste massivement défavorable au texte de loi et l’unité des organisations syndicales engagées, représentant du front large et résolu, reste intacte.

Des milliers de nouveaux salarié-es d’entreprises des plus petites au plus grandes, de tous secteurs professionnels sont entrés dans la mobilisation. De nombreux secteurs professionnels restent engagés, souvent dans un mouvement de grève reconductible, comme dans les raffineries, les centrales nucléaires, les ports, les cheminots, la RATP, les transports, etc.

Les organisations appellent à poursuivre et amplifier les mobilisations :

• En multipliant et en soutenant les actions décidées par les salarié-es en assemblées générales, y compris reconductibles, dès ce soir.

• En travaillant à des temps forts de convergence de luttes interprofessionnelles par la grève et les manifestations dans les prochains jours, sur tout le territoire et dans les professions.

Chaque jour doit être un nouvel élan dans la mobilisation.

• En déployant dès le début de la semaine prochaine la votation citoyenne décidée en intersyndicale dans les entreprises, les administrations et les lieux d’études.

Cette votation sera remise au président de la République lors d’un nouveau temps fort dans la deuxième quinzaine de juin.

• En créant les conditions de la réussite d’une puissante manifestation nationale le 14 juin à Paris,

Elles se retrouveront de nouveau pour assurer l’organisation et la réussite des mobilisations et initiatives.


Montreuil, le 26 mai 2016

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Rien n’est jamais définitif, y compris le 49-3 !

31 Mai 2016, 08:51am

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain

Le gouvernement, de son côté, reste droit dans ses bottes, notamment sur sa volonté d’inverser la hiérarchie des normes, ce qui constitue une rupture sociale, économique et républicaine au regard de l’égalité de droits.

On a même entendu le Premier ministre expliquer que les syndicats dans ces secteurs (FO et CGT) racontaient n’importe quoi puisque, selon lui, une négociation d’entreprise ne pourrait pas remettre en cause un accord de branche.

Visiblement le Premier ministre n’a pas lu le projet car ce qu’il décrit c’est la situation actuelle, celle que remet en cause le projet de loi ! À la condition qu’il en reste aux dispositions actuelles respectant la hiérarchie des normes ! D’ailleurs, sur la question des heures supplémentaires, le gouvernement a fini par donner raison aux routiers.

Il faut donc maintenir la pression afin que les pouvoirs publics comprennent que nous ne lâcherons pas, que ce n’est pas un petit prurit syndical, mais une vraie détermination à préserver et à améliorer les conditions de la négociation collective pour les générations actuelles et à venir, contre le dumping social et économique.

C’est pourquoi les sept organisations dans l’action ont pris des décisions le 19 mai au soir. Tout en appelant à une 8e journée de manifestations, le 26 mai, les organisations syndicales ont décidé :

• D’organiser, à l’initiative de FO (cf. la déclaration de la Commission exécutive confédérale), une grande manifestation nationale interprofessionnelle à Paris le 14 juin 2016. Il est important de s’y préparer, cela va booster la mobilisation. Alors, le 14 juin à Paris, venons nombreux, « à pied, à cheval ou en voiture » !

• De mettre en place une votation citoyenne sur les lieux du travail pour recueillir des signatures contre ce projet de loi.

Rien n’est jamais définitif, y compris le 49-3 !

Il nous appartient de faire entendre raison au gouvernement.

Nous sommes, nous, le syndicalisme réformiste.

D’autres revendiquent cette étiquette. Mais comme le disait un syndicaliste italien, il ne faut pas confondre réformisme et transformisme.

Je compte sur tous les militant(e)s.

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19 mai : mobilisations tous azimuts contre la loi Travail

20 Mai 2016, 13:56pm

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain


Le recours au 49-3 aurait-il offert un second souffle au mouvement de protestation contre la loi Travail ? C’est ce que laisse supposer la multitude d’actions de ce jeudi 19 mai. Cette semaine, les arrêts de travail chez les cheminots, dans les raffineries et dans le secteur aérien ont amplifié le mouvement de protestation contre la loi Travail.


Partout en France

En Normandie, où quinze rassemblements étaient prévus, des barrages dans le centre-ville et dans la zone portuaire du Havre ont perturbé l’activité de la raffinerie et du dépôt de carburant.

Plus à l’ouest, 3000 manifestants ont bloqué le périphérique de Caen. A Saint-Nazaire, la manifestation a « accordé l’asile » aux Nantais interdits de défilé par le préfet de Loire-Atlantique. En Picardie, les routiers ont verrouillé l’accès de la zone industrielle nord d’Amiens et la Gare de Beauvais a été investie par 500 personnes. A Reims, les voies TGV ont été bloquées.

Canon à eau de rigueur à Lyon, malgré le temps pluvieux. 7000 personnes ont marché de la Manufacture des tabacs à la place Bellecourt. Côté Sud, le défilé marseillais a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes. Deux fois plus que mardi 17 mai. A Perpignan et à Limoges, les bretelles d’autoroute ont été bloquées.


Le gouvernement doit bouger

A Paris, mobilisation également en hausse, ce qui confirme la tendance observée après la manifestation du 17 mai. « La mobilisation se maintient à un niveau élevé, se réjouit Jean-Claude Mailly. Avec plus ou moins de monde selon les départements car les gens ne participent pas obligatoirement à toutes les rassemblements. »

Une réaction concernant les déclarations de Manuel Valls invitant les syndicats à prendre leurs responsabilités par rapport aux violences ? « La meilleure façon pour qu’il n’y ait pas de violences, c’est qu’il n’y ait pas de manifestations, préconise Jean-Claude Mailly. Et pour qu’il n’y ait pas de manifestations, il faut que le gouvernement bouge sur son projet de loi. »


Du côté du service d’ordre de FO

Devant le carré de tête, les militants affectés au service d’ordre (SO) veillent au grain. Parmi eux, Jacques Girod 67 ans. Quarante ans de manifestations au compteur dont dix-sept dans le SO de Force Ouvrière. « Les manifestations sont de plus en plus difficiles, explique-t-il. Ce qu’on appelle les « casseurs », c’est-à-dire ceux qui viennent pour empêcher la manifestation de se dérouler dans des conditions normales, sont montés d’un cran. » Il explique qu’auparavant les forces de l’ordre étaient exclusivement ciblées par de tels individus. « Aujourd’hui, ils balancent des objets sur les manifestants. » Jacques n’arrive pas comprendre comment de tels actes sont possibles en présence des forces de l’ordre. « En aucun cas, nous avons un rôle de police, chacun sa partie. » Pour lui, la fonction d’un service d’ordre est de sécuriser les manifestants en empêchant en particulier les automobilistes et les deux-roues de traverser les cortèges.


La suite des événements

Le texte va bientôt être examiné par les sénateurs. Le gouvernement ne pouvant recourir au 49-3 au Sénat, le texte qui sortira du palais du Luxembourg sera certainement amendé. Puis le projet de loi passera en commission mixte paritaire avant un vote à l’Assemblée nationale.

« Le gouvernement peut décider de ne plus rester droit dans ses bottes et d’ouvrir la discussion », déclare le secrétaire général de FO. Notamment, ajoute-t-il, sur les points les plus importants et les plus dramatiques du projet de loi. « Le 49-3 n’est pas un passage obligé et trouver une majorité, c’est mieux du point de vue démocratique. » La balle est donc dans le camp du gouvernement.


Une manifestation nationale en juin

Quelques heures plus tôt, la commission exécutive de Force Ouvrière s’est prononcée à l’unanimité pour l’organisation d’une manifestation nationale en juin à Paris au moment où le débat démarrera au Sénat. Cela veut dire que les manifestants viendront de tous les départements pour défiler à Paris. « Nous allons en discuter ce soir avec les autres organisations syndicales, précise Jean-Claude Mailly. A FO nous considérons qu’une manifestation nationale est nécessaire pour booster le mouvement. »

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Loi Travail - Communiqué CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL

20 Mai 2016, 13:54pm

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain

Toujours déterminé-es : Amplifier la mobilisation, faire respecter la démocratie !

Après plus de deux mois de mobilisation des salarié-es, des jeunes, des privé-es d’emploi et des retraité-es, la mobilisation se poursuit et s’amplifie comme le montre cette journée du 19 mai.

Cette semaine, le développement d’actions, de grèves dans de nombreux secteurs et de blocages pour obtenir le retrait du projet de loi travail et l’obtention de nouveaux droits, montre que la détermination reste intacte.
L’opinion publique reste massivement opposée à cette loi Travail et à l’utilisation autoritaire du 49.3 par le gouvernement.

Le gouvernement n’a pas d’autre issue que celle du dialogue avec les organisations qui luttent pour le retrait de ce projet de loi et pour être écoutées sur les revendications qu’elles portent. C’est pourquoi les organisations CGT, FO, FSU, Solidaires et les organisations de jeunesse, UNEF, UNL et FIDL en appellent solennellement au Président de la République.

Des secteurs professionnels sont engagés dans un mouvement de grève reconductible, d’autres vont entrer dans l’action. Les organisations appellent le 26 mai prochain à une journée nationale de grève, manifestations et actions.

Les organisations décident de renforcer l’action par une journée de grève interprofessionnelle avec manifestation nationale à Paris le 14 juin, au début des débats au Sénat. Elles appellent à multiplier d’ici là, sur tout le territoire, des mobilisations sous des formes diversifiées.

Elles décident également une grande votation dans les entreprises, les administrations et les lieux d’étude qui se déroulera dans les semaines à venir en parallèle au débat parlementaire afin de poursuivre avec les salarié-es et les jeunes les débats sur la loi Travail, obtenir le retrait de ce texte pour gagner de nouveaux droits permettant le développement d’emplois stables et de qualité.

La loi doit notamment préserver la hiérarchie des normes, élément protecteur pour tous et toutes les salarié-es.

Cette votation sera remise lors d’un nouveau temps fort qu’elles décideront prochainement.

Les organisations invitent leurs structures à poursuivre la tenue d’assemblées générales avec les salarié-es pour débattre des modalités d’actions, de la grève et de sa reconduction.

Elles se retrouveront rapidement pour assurer l’organisation et la réussite de ces mobilisations et initiatives.

Les Lilas, 19 mai 2016

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Déclaration de la Commission Exécutive Confédérale de Force Ouvrière du 19 mai 2016

20 Mai 2016, 13:53pm

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain

Réunie à Paris le 19 mai 2016, la Commission Exécutive de Force Ouvrière réaffirme la revendication de retrait du projet de loi travail.

En rupture avec le principe républicain d’égalité de droit, avec l’inversion de la hiérarchie des normes , ce projet est rétrograde et s’inscrit dans une réduction de la couverture conventionnelle des salariés et un développement du dumping social dans une logique à contre-sens du progrès social et économique.

D’autres points, comme le recours au référendum qui court-circuite les syndicats, la médecine du travail ou les licenciements, ne sont pas acceptables.

Depuis plus de 2 mois, et après avoir largement alerté, Force Ouvrière dénonce ce projet.

Quelques reculs dus aux mobilisations ont eu lieu, mais ils sont nettement insuffisants.

Refusé par une majorité de français, sans majorité à l’assemblée – ce qui a conduit au déni de démocratie du 49-3 – non soumis à référendum, ce projet de loi est largement rejeté.

Face à l’endurcissement des pouvoirs publics, FO ne renoncera pas à opposer le progrès social au conformisme économique néolibéral, continuera à dénoncer toutes formes de violence et prendra toutes ses responsabilités pour préserver la démocratie, la liberté d’expression et la liberté de manifestation.

Après plusieurs semaines de mobilisation, à un niveau élevé, la Commission Exécutive appelle ses structures à soutenir les assemblées générales, les grèves et arrêts de travail et décide un renforcement de la mobilisation en s’inscrivant dans une manifestation nationale interprofessionnelle en juin, avec appel à une journée de grève interprofessionnelle.

Elle invite les Organisations Syndicales réclamant le retrait du projet de loi à s’y associer.

Adoptée à l’unanimité.

Communiqués Force Ouvrière précédents

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12 mai : Des défilés placés sous le signe du 49-3

17 Mai 2016, 08:32am

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain

12 mai : Des défilés placés sous le signe du 49-3


Le Havre, Nantes, Toulouse, Grenoble, Montpellier, Bordeaux, Bayonne, Pau ou Paris, les cortèges ont essaimé dans toute la France. Deux jours après l’annonce par le gouvernement du recours au 49-3, le climat était plutôt tendu.

« Quand j’ai entendu l’annonce du gouvernement, je me suis mise à pleurer, raconte Raafet, 42 ans. Ça fait deux jours que je pleure. Donc je suis venue ici pour ne pas pleurer toute seule et pour être un peu plus constructive. » Si le sentiment de trahison persiste, il n’est néanmoins pas question pour cette technicienne de 42 ans de jeter l’éponge. « Quand on dit non, c’est non, ajoute-t-elle. J’ai voté pour les socialistes en 2012. Parce que je voulais que Nicolas Sarkozy s’en aille. Finalement j’ai l’impression que c’est pire maintenant. »

Elle énumère : la loi Macron, le débat « inutile » sur la déchéance de la nationalité, puis la loi Travail. Syndicaliste à FO, elle a l’habitude de voir passer des accords d’entreprise. « A FO, on a la réputation de ne jamais vouloir signer alors qu’on ne veut pas signer pour n’importe quoi. S’il fallait signer pour signer, je ferais des tags au lieu d’être syndicaliste. »


Rien n’est encore plié

Monique, elle, est optimiste et pense que le recours au 49-3 provoquera sans doute une onde de choc dans l’opinion publique et parmi les salariés : « J’espère que la semaine prochaine, des assemblées générales se tiendront dans les entreprises. »

Âgée de 56 ans, Monique travaille dans le secteur des télécoms. Si son entreprise est prospère, elle ne remplace pas pour autant les salariés qui partent à la retraite. Et ce sont les gens qui restent qui récupèrent le travail de ceux qui partent. « Ce sont les petites entreprises qui vont prendre le plus avec la loi Travail. Parce que nous, nous avons encore des syndicats pour défendre les salariés. »

Jean-Luc, 55 ans, n’a pas été surpris par l’usage du 49-3 « On a déjà eu l’expérience avec le CPE et je crois que les Français vont commencer à comprendre le contenu de cette loi. » Pour ce salarié dans la grande distribution rien n’est encore plié : « Je pense qu’on est au début de cette affaire et qu’il faut amplifier le rapport de force. »


Cac 40 ou progrès social ?

Plus d’inégalités et de précarité pour les salariés, dumping social entre les entreprises, Jean-Claude Mailly, en tête de cortège, ne mâche pas ses mots. « M. Valls et Mme El Khomri devraient peut-être comprendre que seul le Medef est pour la suppression de la branche. Est-ce que c’est une loi Cac 40 ou une loi, comme ils le prétendent, de progrès social ? Si c’était une loi de progrès social, je pense qu’ils auraient facilement trouvé une majorité à l’Assemblée nationale. »

Pour le secrétaire général de FO, la mobilisation est multiforme : par les manifestations, par les mouvements de grève qui auront lieu la semaine prochaine, par les pétitions. Une manifestation nationale se tenir à Paris prochainement.

« Ce n’est pas fini », ajoute-t-il. Le texte doit passer devant les sénateurs pour revenir à l’Assemblée en 2e lecture. « Ce n’est pas parce qu’on sort du tiroir un 49-3 que tout est réglé. Loin s’en faut. Le gouvernement fait fausse route, à nous de le remettre dans le droit chemin ».

Nadia Djabali

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Contestation du non-respect du Code du travail : le juge ne peut trancher !

17 Mai 2016, 08:31am

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain

11 mai 2016

Le juge des référés du tribunal administratif de Paris vient de rendre sa décision.

Celui-ci considère qu’il ne ressort pas de l’office du juge administratif de s’immiscer dans le processus de vote d’une loi devant le Parlement et, de ce fait, rejette donc la requête de la Confédération FO.

Pour autant cette décision ne remet pas en cause le fond de la contestation portée par FO concernant le non-respect de la loi Larcher (article L1) pour absence de concertation sur l’ensemble du projet de loi en vue de l’ouverture d’une éventuelle négociation et sur la non-transmission d’un document d’orientation.

Après avoir méprisé la concertation sociale et ignoré la contestation de la rue, le passage en force du gouvernement se poursuit devant les parlementaires avec l’utilisation du 49-3. Cette attitude constitue un véritable déni de démocratie que FO condamne.

Pour toutes ces raisons, Force Ouvriere entend maintenir la pression dans les semaines à venir, tant sur le plan de l’action avec, par exemple, la perspective d’une grande manifestation nationale, que sur le plan juridique.

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Maintenir la pression pour le retrait de la loi Travail

17 Mai 2016, 08:29am

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain

Invité à célébrer au théâtre du Rond-Point les 80 ans du Front populaire, le président de la République a tenu un discours de bilan après quatre ans de présidence, se déclarant notamment « réformiste, régulationniste, favorable au compromis et au dialogue social ».

Réformiste ? Plutôt réformateur dans une logique libérale sociale. Régulationniste ? C’est tout le contraire, notamment avec le pacte de responsabilité. Favorable au compromis et au dialogue social ? C’est tout le contraire encore, notamment avec la loi Travail, tant en termes de modalité de concertation que de contenu.

Ne pas faire ce que l’on dit ou faire le contraire de ce que l’on dit devient une spécialité.

Au passage, comme son prédécesseur à la présidence, il a critiqué « ceux qui pensent qu’en étant nombreux dans la rue, on peut empêcher ».

Mais surtout, en continuant à vanter, dans le projet de loi Travail, l’inversion de la hiérarchie des normes il rompt avec une logique républicaine visant à assurer, à travers l’accord national de branche, un minimum d’égalité de droits et de régulation.

Il fait preuve également d’une méconnaissance de la réalité de la vie en entreprise en cas de situation difficile, que peuvent par exemple subir les PME et leurs salariés en situation de sous-traitance avec un donneur d’ordres.

Nombre d’employeurs ne s’y trompent pas. Ils lui sont reconnaissants de certaines mesures contenues dans le projet actuel : sur la définition du licenciement économique, sur les accords offensifs pour l’emploi, sur la flexibilité dans l’organisation du travail ou sur la possibilité, par accord d’entreprise, de ne majorer les heures supplémentaires qu’à 10 % au lieu de 25 %.

À tomber à pieds joints dans le culte de la compétitivité-prix, via le coût du travail, il oublie (ce que rappelle régulièrement le Bureau international du travail) que l’amélioration de cette compétitivité pour l’un implique une dégradation pour un autre et qu’on rentre alors dans la course à l’échalote du moins-disant social. C’est la même chose pour le commerce extérieur : pour que l’un exporte plus, il faut que d’autres importent plus.

C’est pour toutes ces raisons, notamment, que Force Ouvrière n’acceptera jamais l’inversion de la hiérarchie des normes prévue dans le projet de loi Travail, ou plutôt anti-travailleurs, et que nous continuons à demander son retrait pour rediscuter de l’ensemble.

Le débat au Parlement a débuté. Une majorité n’est pas acquise. Alors maintenons la pression. C’est une question de droits et de dignité sociale, économique et républicaine.

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