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COMMUNIQUE DE PRESSE -CPA

7 Avril 2016, 16:41pm

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain

Suite au rapport de la contrôleur des libertés d'aller et venir, c'est toute l'institution qui s'est trouvée prise dans un tourment médiatique avec des publications « à charge » (télé, journaux, revues, réseaux sociaux..). Si ce rapport met en lumière des pratiques dont on ne peut nier l’existence, il ne doit pas pour autant favoriser la « caricature » de l'ensemble de la psychiatrie.
Les salariés se sont sentis dévalorisés, et il est difficile de rester serein face à ces « attaques » . Ce climat est perturbant : rester concentré sur son travail, sur le soin avec la bienveillance qui anime la très grande majorité du personnel est devenu difficile.
Le Syndicat FO a pris le temps de laisser passer ce déchainement médiatique mais ne peut pas rester silencieux. La liberté d'aller et venir des patients a été « retoquée » ainsi que le manque d'activités thérapeutiques proposées. Tous les acteurs du soin sont prêts à se remettre en question, à améliorer la situation en traitant autrement que par l'enfermement, encore faut-il leur donner les moyens!
Entre le « sécuritaire »demandé par la société et le « droit » à la personne, comment bien soigner ? quand les manques de moyens récurrents se traduisent par:
• Le manque de formation en général: les budgets n'ont cessé de diminuer limitant ainsi les possibilités de se former. • le diplôme unique(coût moindre): la réforme des études depuis quelques années, avec un diplôme unique, ne prépare pas à l'accueil des patients avec des troubles mentaux. La demande d'une spécialité en psychiatrie est récurrente. • Le tutorat: mis en place au CPA depuis quelques années, avec 35 infirmiers tuteurs formés pour accueillir les nouveaux diplômés, mais uniquement 12 début 2015 pour finalement être déprogrammé. Quelle reconnaissance ont-ils eus pour cet engagement ? • La pénurie médicale: Baisse des numerus clausus pour la formation des médecins , pas assez de psychiatres. • Avec les baisses constantes des budgets depuis quelques années, le nombre de soignants en service ne permet plus de faire autant d' activités et d' accompagnements des patients. • l'informatisation a été un point positif pour les secrétaires, le travail administratif, la traçabilité et la sécurisation des soins, mais elle est chronophage et entraine indubitablement un manque de présence auprès des patients. ...Entraînant ainsi une maltraitance institutionnelle dont les premières victimes sont les soignants et les patients. Ce problème ne se limite pas à la psychiatrie mais aussi aux maisons de retraite, aux services de santé en général. C'est toute la politique des gouvernements menée depuis plusieurs années et accélérée depuis 2007, avec la RGPP, le « pacte de responsabilité », la baisse de l'ONDAM, et les économies annoncées pour les 2-3 ans à venir. La Santé est doublement pénalisée car n'a bénéficié aucun retour de ce pacte: les hôpitaux le financent mais ne reçoivent rien!
Alors OUI, on peut soigner différemment, à condition d'y mettre les personnels formés, correctement rémunérés et en adéquation aux besoins. Mais ce choix est de la compétence des directions, des ARS, et du ministère. C'est un choix de politique générale que le gouvernement n'a pas fait à ce jour!
Syndicat FO du CPA Bourg-en Bresse le 5 Avril 2016

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