Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
FOduCPA.over-blog.com

Conférence | L’OIT, entre consensus et tension

24 Juin 2014, 09:19am

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain

Invités par l’Organisation internationale du travail, plus de 4 700 délégués de travailleurs, d’employeurs et de gouvernements de plus de 180 pays membres ont planché à Genève, du 28 mai au 12 juin 2014.

« Je pense que nous nous souviendrons avant tout de cette session pour l’adoption à une majorité écrasante du protocole à la convention 29 sur le travail forcé », a déclaré Guy Ryder, le Secrétaire général de l’OIT (Organisation internationale du travail), dans son allocution de clôture de la 103e conférence de l’organisation tripartite internationale. Ce protocole, qui vient enrichir l’une des plus anciennes conventions de l’OIT, a en effet recueilli 92% de votes favorables. Seuls les employeurs de la Malaisie, du Canada et le gouvernement tunisien ont voté contre. Parmi les douze abstentions on peut noter celle du Qatar, actuellement sur la sellette pour son utilisation du travail forcé dans la préparation de la Coupe du monde de 2022. Outre l’enjeu que cela représente pour les 21 millions de victimes du travail forcé de par le monde, l’adoption du protocole « marquera une nouvelle étape, à quelque temps de son centenaire d’existence, de l’action et du rôle indispensable de l’OIT, dans une période troublée et incertaine », a souligné Yves Veyrier, vice-président du groupe des Travailleurs, rapporteur de la commission chargée de rédiger le protocole.

La 103e conférence de l’OIT aura aussi marqué le début d’une réflexion sur les moyens de combattre l’économie informelle, qui concerne aujourd’hui 40% de la main-d’œuvre mondiale avec des taux extrêmement élevés dans certains pays, comme en Inde où il atteint 90%. La deuxième étape de la discussion est prévue pour l’année prochaine avec en perspective l’adoption d’une recommandation.

Les employeurs continuent leur offensive

Simultanément, les délégués sont parvenus à un consensus sur la nécessité d’adopter un « cadre politique global pour l’emploi ». Pour le groupe des travailleurs, cela doit permettre d’aborder la question de l’emploi autrement que d’un point de vue strictement macro-économique, comme c’est le cas dans le cadre du G20 par exemple, et de pouvoir la replacer sur le terrain des droits et des revendications.

En revanche, les débats ont été plus tendus au sein de la commission chargée du suivi de l’application des normes. Les employeurs ont notamment très mal pris la volonté du groupe des travailleurs de faire le lien entre politiques d’austérité et remise en cause des conventions fondamentales, notamment au travers des cas de la Grèce et du Portugal. Mais pas seulement. Si le groupe des travailleurs a pu poser des jalons dans la discussion sur la question du salaire minimum, entamée cette année et qui se poursuivra l’an prochain, des difficultés ont surgi au moment d’examiner les cas de pays, dont la liste avait pourtant été comme toujours négociée avec les employeurs, qui violent gravement les normes fondamentales de l’OIT. Ces derniers ont refusé d’avoir des conclusions consensuelles, communes aux travailleurs et aux employeurs, sur le non-respect de la convention 87 sur la liberté syndicale en Algérie, au Cambodge et au Swaziland. Ils ont également exigé l’insertion d’une phrase exprimant leur désaccord avec les experts de l’OIT qui, en 2012, ont conclu que le droit de grève s’imposait puisqu’il découlait de l’application de la norme 87 sur la liberté syndicale. Résultat : la discussion a été bloquée et les cas de seize autres pays concernant d’autres conventions n’ont pas pu être examinés.

Evelyne Salamero

Voir les commentaires

Mobilisation | Les psychologues hospitaliers se manifestent

20 Juin 2014, 09:44am

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain

vendredi 20 juin 2014
par Françoise Lambert

La profession est d’ordinaire plutôt discrète. Jeudi 19 juin, les psychologues du service public et du secteur privé de l’action sociale étaient dans la rue à Paris, dans le cadre d’un appel à une grève et à une manifestation nationale lancé par leurs syndicats, dont FO.

Ils étaient venus dénoncer haut et fort des salaires au rabais, la grande précarité de leur métier dans la fonction publique et la dégradation de leurs conditions de travail. Ils revendiquent une meilleure reconnaissance de leur profession, alors que leur situation ne va pas manquer de s’aggraver avec les 50 milliards de restrictions budgétaires décidées par le gouvernement dans le cadre du « pacte de responsabilité. « La grille salariale des psychologues de la Fonction publique n’a pas été revalorisée depuis 1991 », s’indigne Véronique Kauffholz, psychologue au centre hospitalier spécialisé de Sarreguemines (Moselle) rencontrée dans le défilé parisien, « Avec un niveau d’étude à Bac + 5, le salaire d’une psychologue débutante se cantonne à 1 615 euros brut par mois ».

PRÉCARITÉ ET SALAIRES AU RABAIS

Brigitte Bereni-Marzouk, psychologue hospitalière et conseillère technique à la Fédération FO Santé rappelle de son côté : « 60% des psychologues de la fonction publique hospitalière sont contractuelles et de ce fait, elles restent bloquées au 1er échelon de rémunération. Un grand nombre d’entre elles travaillent à temps partiel ».

Les psychologues sont de surcroît confrontées dans bon nombre d’établissements à la volonté des directions de supprimer un temps jusqu’alors réservé à la recherche, à la documentation et l’information. Baptisé « Temps FIR » dans la fonction publique et « Temps DIRES » dans le secteur sanitaire et social, il représente un tiers du temps de travail des psychologues. « Ce temps, réservé notamment à des lectures, à notre propre analyse et à l’analyse du travail que nous faisons auprès de nos patients, est indispensable, il en va de la qualité de notre travail, explique Sarah, psychologue dans un hôpital de jour à Ville d’Avray (Hauts-de-Seine). « Nous refusons cette approche de nos directions qui considèrent que nous sommes là pour faire de l’abattage et nous refusent du temps pour penser », renchérit Carole, psychologue dans un centre de consultation pour les familles de cheminots.

Voir les commentaires

Emploi des jeunes | Une loi sur les stages au goût d’inachevé

18 Juin 2014, 12:50pm

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain

Le Sénat a adopté définitivement, le 12 juin, le projet de loi encadrant le statut des stagiaires. Pour FO, malgré quelques avancées, ce texte ne va pas assez loin, notamment sur les conditions de travail.

Un projet de loi améliorant le statut des stagiaires et renforçant leur encadrement a été définitivement adopté par le Sénat le 12 juin. La version finale du texte avait été établie le 3 juin en commission mixte paritaire.

Il pourrait entrer en vigueur dès le mois de septembre 2014, sauf pour son volet financier. L’augmentation de la gratification versée aux stagiaires, qui passera de 436 à 523 euros (soit de 12,5% à 15% du plafond de la Sécurité sociale), ne sera appliquée qu’en septembre... 2015. Soit deux étés de diète pour les étudiants. Et les stages réalisés dans la filière agricole ou paramédicale en sont exonérés.

Autre déconvenue, cette gratification ne sera versée qu’au bout de deux mois, et non au bout d’un mois comme l’avaient proposé les Sénateurs lors de leur première lecture. En revanche, cette somme sera désormais exonérée d’impôts pour la famille de l’étudiant.

« Globalement, ce projet de loi va dans le bon sens mais a un goût d’inachevé, estime Éric Peres, Secrétaire général de FO Cadres et chargé depuis 2007 de négocier sur les stages. Ce ne sont pas des propositions révolutionnaires et la plupart ne font qu’acter ce qui se faisait déjà, comme l’accès des stagiaires aux titres-restaurants ou au remboursement des titres de transport. »

LIMITER LES ABUS

Parmi les avancées saluées par FO, on peut retenir l’amélioration de l’encadrement des stagiaires qui auront un double suivi, en entreprise et dans leur école. Le stage devra obligatoirement être intégré à un cursus pédagogique. Les contrôles par l’inspection du travail seront également renforcés. Et les stagiaires, qui auront droit à des congés et des absences, seront inscrits dans le registre du personnel de l’entreprise.

Mais certaines revendications n’ont pas été entendues. Le temps de présence des stagiaires sera aligné sur celui des salariés et non sur la durée légale du travail. « Ils ne bénéficient d’aucune disposition particulière alors que, sauf branche spécifique, ils ne devraient pas travailler au-delà de 35 heures, la nuit, le dimanche ou les jours fériés », dénonce Éric Peres.

FO continue aussi de demander que la totalité de la durée du stage soit déduite de la période d’essai en cas d’embauche dans l’entreprise d’accueil. Et elle attend depuis janvier le décret précisant l’ouverture de droits à la retraite pour les stagiaires.

Pour lutter contre l’usage abusif de stagiaires en lieu et place de salariés, la durée des stages sera limitée à six mois. La loi instaure aussi un quota par entreprise en fonction de l’effectif total. Le chiffre sera publié ultérieurement par décret.

« C’est absurde de décréter que le nombre de stagiaires ne doit pas dépasser 10% des effectifs, ça pénalise en plus les TPE, estime Éric Peres. Il serait plus pertinent d’obliger les entreprises à mettre en œuvre un dispositif d’encadrement bien identifié avec un nombre limité de stagiaires par tuteur. Car la loi n’impose pas aux entreprises d’obligation en matière de conditions d’accueil. » Pour FO, l’établissement de ces quotas pourrait plutôt faire l’objet de négociations au niveau des entreprises et des branches.

Clarisse Josselin

Voir les commentaires

Vers le régime universel de retraite de base ?

10 Juin 2014, 20:14pm

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain

Sans aucune information préalable, ni bien sûr aucune concertation, le gouvernement sort de son chapeau la future fusion de la caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) et du régime social des indépendants (RSI).

La démonstration est dans l’exposé des motifs de l’article 3 du projet de loi rectificative de financement de la Sécurité sociale (PLRFSS). La Contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S) étant appelée à disparaître, la principale source du régime des indépendants va se tarir. La solution est simple pour le gouvernement : ce sera aux salariés de payer.

L’argument de justification est inacceptable, comme les salariés du régime général aident déjà les salariés agricoles, sans rechigner, ils peuvent aussi aider les autres.

Sauf que les autres en question, fort respectables au demeurant, ne sont pas salariés !

Si les règles de calcul des pensions sont alignées, le financement en est bien loin !

Comme nous l’avons toujours expliqué, il appartient à la solidarité nationale (donc à l’impôt) de soutenir les régimes de non salariés.

Cette préfiguration de régime de retraite unique présente un danger important : l’addition de déficits risque d’amener à une prochaine « réforme » des retraites.

Maintenant ça suffit, les salariés ont déjà payé plusieurs fois les réformes, les retraités aussi, les employeurs, eux sont exonérés d’efforts.

La promotion du « dialogue social » aurait a minima voulu qu’il y ait concertation, la transparence tant vantée en matière de financement des dépenses publiques n’y trouvera pas non plus son compte.

Pour Force Ouvrière ce « coup de force » n’est pas tolérable.

Voir les commentaires

Austérité | Bruxelles marche sur des œufs mais rappelle Paris à l’ordre

10 Juin 2014, 10:04am

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain

Réduction à court terme des dépenses de Sécurité sociale, poursuite de la réforme des retraites, dérogations au SMIC... La Commission européenne est inquiète, mais ne lâche rien.

Les élections européennes sont passées par là... Lundi 2 juin, la Commission européenne a rendu son avis sur le programme de stabilité budgétaire présenté par la France pour 2014. Le texte évoque notamment des « risques importants » qui pèsent sur les objectifs du gouvernement français, en particulier « sur la mise en œuvre des réformes structurelles ». Quelques précautions de langage et l’absence de sanctions financières, à l’égard d’un pays pourtant toujours classé dans les mauvais élèves de l’Union européenne, confirment une certaine inquiétude de la part de Bruxelles. Le ministre des Finances français, Michel Sapin, a ainsi pu « noter avec satisfaction » que l’avis de la Commission qualifie le programme de la France de « globalement conforme » à ce qu’elle en attendait. Bruxelles « valide les orientations économiques du gouvernement français » a traduit le ministre dans un communiqué en date du 3 juin. Il n’en reste pas moins que Bruxelles ne lâche rien.

Les smicards coûtent trop cher et consomment trop

La Commission demande au contraire à la France des efforts supplémentaires, à inscrire dans la prochaine loi de finances rectificative pour 2014, soit dès le début de l’été. Et elle en dresse une liste précise. « D’importantes économies à court terme ne peuvent être réalisées sans une réduction significative de l’augmentation des dépenses de Sécurité sociale, qui représentent près de la moitié des dépenses du secteur public », souligne-t-elle pour commencer. Il faut, détaille-t-elle, diminuer les dépenses de santé, en particulier celles des soins hospitaliers, geler provisoirement les retraites ainsi que d’autres prestations sociales.

La réforme des retraites de 2013 n’est pas jugée suffisante non plus par Bruxelles, qui pointe notamment le déficit des régimes des fonctionnaires et des salariés d’entreprises publiques. La réforme territoriale est jugée positivement, mais à condition qu’elle puisse s’appliquer rapidement. La Commission en vient ensuite au coût du travail pour dire là encore que la France peut et doit mieux faire. Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE, décembre 2012) et la réduction supplémentaire du coût du travail annoncée dans le cadre du Pacte de responsabilité en janvier 2014, soit au total 30 milliards d’euros ou 1,5% du PIB, « ne combleraient qu’à moitié le fossé entre la France et la moyenne de la zone euro en termes de cotisations sociales patronales », déplore la Commission. Et d’insister : « Bien que d’importantes exonérations aient été accordées [...] le coût de la main-d’œuvre rémunérée au salaire minimum reste élevé [...]. Le niveau du salaire minimum en France est tel qu’il permet un pouvoir d’achat parmi les plus élevés de l’Union européenne […]. Les dérogations au salaire minimum obligatoire sont peu nombreuses et des efforts supplémentaires devraient être consentis pour réduire les coûts salariaux des plus vulnérables ». Quant au Pacte de responsabilité, la Commission en vante les mérites tout en soulignant la nécessité que le gouvernement français veille à ce qu’il soit appliqué, « en s’assurant qu’aucune autre mesure n’annule [ses] effets ».

Evelyne Salamero

Voir les commentaires

Indemnités AT-MP | Menaces de gel sur la plupart des prestations versées par la Sécurité sociale

10 Juin 2014, 10:01am

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain

Après la maladie, la famille, la retraite, le gouvernement veut comprimer les indemnités dues au titre de l’invalidité et des accidents de travail pour financer les allégements d’impôts et de cotisations patronales promis aux employeurs dans le cadre de son pacte de responsabilité.

Vers un gel des retraites et des prestations familiales et d’invalidité, mais aussi des rentes versées au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles (AT-MP)… C’est le sens du projet de loi de financement rectificatif de la Sécurité sociale (PLFRSS) que le gouvernement devrait présenter le 18 juin prochain en Conseil des ministres. En contrepartie d’allégements d’impôts et de cotisations patronales inscrits dans son Pacte de responsabilité, décliné sous la forme d’un plan triennal d’économies de 50 milliards d’euros, l’exécutif n’a pas renoncé à faire contribuer au maximum la Sécu à hauteur de 10 milliards d’euros, dont environ 1,9 milliard dès cette année, malgré l’opposition d’une partie de sa majorité et des syndicats. Selon Les Échos datés du 2 juin dernier, après avoir annoncé un gel du montant des prestations familiales, des retraites supérieures à 1 200 euros mensuels et des rentes d’invalidité, le gouvernement s’apprêterait à étendre la mesure aux indemnités des accidents du travail et des maladies professionnelles (AT-MP). Celle-ci « permettra[it] d’économiser 150 millions l’an prochain et 200 millions à partir de 2016 », d’après des calculs de Bercy cités par le quotidien économique, alors que la branche AT-MP présente un excédent de 300 millions d’euros.

« Mesures inadmissibles et socialement injustes »

Le choix de ponctionner les indemnités AT-MP passe mal dans les rangs de la majorité gouvernementale à l’Assemblée nationale, y compris auprès de la présidente de la commission des Affaires sociales, Mme Lemorton. « Geler des prestations pour des assurés qui sont dans l’incapacité de travailler et qui ont souvent des restes à charge non négligeables pour se soigner, cela me gêne beaucoup », a-t-elle déclaré. Une manière de souligner que les victimes d’AT-MP s’acquittent depuis maintenant plusieurs années de toutes sortes de franchises médicales qui viennent limiter leurs ressources lorsqu’ils paient des soins qui sont liés aux conséquences de leur accident ou de leur maladie professionnelle. Rappelons ici que la pension d’invalidité est due à toute personne mise dans l’incapacité de reprendre un travail en raison d’un accident ou d’une maladie. Calculée sur la base d’un salaire de référence et du degré d’incapacité, son montant est au maximum de 1 500 euros mensuels. Quant aux rentes AT-MP, elles sont versées aux victimes d’une incapacité permanente engendrée par un accident du travail ou une maladie professionnelle. Une incapacité à travailler dont ils ne sont donc en rien responsables. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la branche AT-MP est financée entièrement par les cotisations des entreprises. C’est en substance ce qu’a rappelé FO jeudi matin, lors de la réunion de la Commission des comptes de la Sécurité sociale où la ministre des Affaires sociales, Mme Touraine a dévoilé les grandes lignes du PLFRSS. « Le gel des rentes AT-MP qui exonérerait les employeurs de ce qu’ils doivent à leurs propres salariés quand ceux-ci sont victimes de leur travail serait inadmissible et socialement injuste », lui a dit le Secrétaire confédéral chargé du dossier, Jean-Marc Bilquez. Après lui avoir rappelé que « FO s’oppose à toute mesure de gel des prestations sociales de retraite, des prestations famille, invalidité ou rentes AT-MP », il lui a lancé : « Non, la Sécurité sociale n’est pas une charge, non ce n’est pas une variable d’ajustement économique ou encore un outil de réduction du “coût du travail” ! »

Jamel Azzouz

Voir les commentaires

Les agents territoriaux plongés dans l’incertitude

10 Juin 2014, 09:56am

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain

Le sort des agents des collectivités est à peine évoqué dans le cadre de la réforme. Les fonctionnaires territoriaux FO ne décolèrent pas.

« Nous sommes révoltés ! Dans cette réforme annoncée, le problème des personnels on n’en parle pas ! D’ailleurs nous n’avons strictement aucune information », s’indigne Yves Kottelat, le Secrétaire général de la branche services publics au sein de la Fédération FO des personnels des Services publics et des services de Santé. « Quel sera l’avenir pour les 82 000 agents territoriaux concernés ? Quid des effectifs, des conditions de travail ? Vont-ils changer d’employeur ? Quid des rémunérations et des statuts ? », interroge en rafale la fédération, évoquant l’absence totale d’informations concernant le sort des agents des régions et particulièrement celui des agents dont les régions vont fusionner. « Dans le cadre de la fusion Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, que deviennent, par exemple, les agents qui travaillent à Toulouse, de même que ceux qui travaillent à Montpellier ? Les agents devront-ils aller travailler à 300 km ? » Au-delà des incertitudes complètes concernant le personnel des régions, qui représente 4,4% des effectifs de la fonction publique territoriale, des interrogations pèsent aussi sur l’avenir des personnels des départements, des communes et des intercommunalités. 15,9% des agents territoriaux travaillent ainsi actuellement dans les départements (270 000 agents), 56,2% dans les communes, 23,5% dans les établissements publics administratifs (dont les intercommunalités)...

RESTRUCTURATION

Globalement, résume Yves Kottelat, les 1,8 million d’agents territoriaux, dont 78,6% d’agents de catégorie C (la plus basse), « s’inquiètent encore davantage de l’avenir de leurs emplois et des conditions de travail ». Le 3 juin, Le secrétaire d’État à la réforme territoriale, M. André Vallini, a voulu assurer la territoriale d’une « stabilisation » de ses effectifs et non d’une « diminution ». Reste qu’aucun argument ne vient étayer cette assertion dans ce projet de réforme qui, visant des économies d’échelle, ressemble fort à une restructuration. De son côté, le Premier ministre, M. Manuel Valls, expliquait : « Il faut de toute façon du temps, il faut au moins trois ans pour transférer des compétences et les agents aussi. » Trois ans, ce n’est pas vraiment long, souligne d’ores et déjà la branche FO des services publics, d’autant plus lorsque l’on ne sait même pas où les personnels des conseils généraux seraient transférés (intercommunalité, région ?). Par ailleurs, le transfert d’un tel nombre d’agents ne peut être aisé. Preuve en est celui des 130 000 agents de la fonction publique d’État vers la territoriale à la suite des lois de décentralisation de 2004. Ce transfert, qui pour beaucoup d’agents s’est déroulé dans la douleur, a nécessité pour les syndicats, notamment pour FO, un travail de négociation de plusieurs années concernant les volets statutaires et indemnitaires.


Valérie Forgeront

Voir les commentaires

Décentralisation Acte III | La refondation territoriale est annoncée

10 Juin 2014, 09:53am

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain

Prétendant réduire les dépenses publiques, l’État propose de supprimer les départements au profit de régions géantes et d’intercommunalités à recréer. Quel coût aura cette réforme structurelle ?

Familièrement, on pourrait dire que le projet a été finalisé à l’arrache... C’est en effet à 21h le 2 juin et à l’issue d’une ultime réunion de travail que M. François Hollande a transmis à la presse régionale une tribune dans laquelle il détaille le projet territorial. La réforme sera présentée le 18 juin en Conseil des ministres, puis soumise aux sénateurs à l’automne. Alors que l’Europe ne cesse de demander à la France des réformes structurelles, l’exécutif souhaite l’adoption avant la fin de l’année de cette réforme justement... structurelle. Une des mesures phare du projet est ainsi la réduction du nombre de régions –de vingt-deux à quatorze–, assortie d’un redécoupage des territoires à travers des fusions, déjà très critiquées pour certaines telle celle de la Picardie et de la Région Champagne-Ardenne. Pour M. Hollande, les nouvelles régions « seront de taille européenne et capables de bâtir des stratégies territoriales ». Pour cela, elles « disposeront de moyens financiers propres et dynamiques ». Pour l’instant, ces moyens sont apportés par les dotations de l’État, en baisse. Quant à la fiscalité locale, elle est jugée de moins en moins dynamique par les collectivités, notamment depuis la suppression en 2010 de la taxe professionnelle. Quoi qu’il en soit, ces régions géantes auront besoin de moyens supplémentaires puisqu’elles vont gagner des compétences. Elles seront ainsi seules compétentes en matière de soutien aux entreprises, de formation, d’emploi, de transports (train, routes...), de ports, d’aéroports, de gestion des lycées et collèges, d’aménagement du territoire et des grandes infrastructures... Et pour cause.

DÉPENSES SUPPLÉMENTAIRES

La réforme programme la mort des conseils généraux pour 2020 et parallèlement la montée en puissance, dès 2017, des structures intercommunales. Celles-ci deviendront des « structures de proximité et d’efficacité de l’action locale ». Elles devront regrouper au minimum 20 000 habitants contre 5 000 aujourd’hui... ce qui suppose de réaliser de nouvelles fusions locales. De leur côté, les départements vont perdre leurs compétences au fil du temps avant de devenir des coquilles vides. Seules les compétences sociales seront maintenues pendant trois ou quatre ans avant d’être transférées, soit aux régions, soit aux intercommunalités. « C’est un peu compliqué », assure M. Vallini, le secrétaire d’État à la réforme territoriale. Alors qu’en avril dernier l’État a demandé aux collectivités de participer pour 11 milliards au plan d’économies de 50 milliards programmé jusqu’en 2017, le projet territorial affiche sa motivation financière mais reste vague. M. Vallini estime ainsi que la réforme apporterait une économie d’une dizaine de milliards d’ici cinq à dix ans. Il ne dit mot toutefois du coût d’une telle réforme. Or, insiste le président de l’Association des départements de France (ADF), M. Lebreton, « tout le monde sait que dans un premier temps cette réforme générera des dépenses supplémentaires », notamment de par la création de nouvelles structures, leurs implantations, les transferts de personnels, etc. Quant aux hypothétiques économies attendues... Pour le président de l’Association des régions de France (ARF), M. Alain Rousset, « on ne peut pas chiffrer aujourd’hui ». De son côté, après une discussion avec le chef de l’État et le Premier ministre, M. Lebreton s’inquiète : « Ils sont incapables de m’apporter la preuve qu’en réorganisant les collectivités, en supprimant les départements, on fait des économies. »


Valérie Forgeront

Voir les commentaires

Austérité | Les retraités manifestent leur colère

10 Juin 2014, 09:51am

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain

Le 3 juin, les retraités se sont mobilisés un peu partout en France pour l’amélioration de leur pouvoir d’achat, en constante dégradation.

Manifestation à Paris, délégations syndicales dans les préfectures ou rassemblements en province : un peu partout en France, les retraités se sont mobilisés le 3 juin 2014 pour revendiquer une augmentation de leur pouvoir d’achat, remis en cause par les politiques d’austérité. Dernier coup porté : le « pacte de responsabilité » et ses 50 milliards d’économies décidées par le gouvernement, qui prévoit notamment que les pensions de retraite supérieures à 1 200 euros mensuels ne seront pas revalorisées au 1er octobre 2014, comme prévu. Ce gel des pensions faisait déjà suite à un premier report : alors que les pensions étaient revalorisées au 1er avril jusqu’à l’année dernière, la loi du 20 janvier 2014 sur les retraites a reporté au 1er octobre cette compensation de l’inflation, ce qui aboutit à une perte de 800 millions d’euros sur la totalité des pensions versées en 2014… En plus de cette perte, la revalorisation du 1er octobre 2014 n’aura donc finalement pas lieu pour tous les pensionnés. « Le pacte de responsabilité est une attaque en règle contre le niveau de vie des travailleurs, et tout particulièrement contre les 16 millions de retraités », s’est indigné Didier Hotte, Secrétaire général adjoint de l’Union confédérale des retraités FO (UCR FO), au départ de la manifestation parisienne, le 3 juin. Une manifestation dont la banderole de tête proclamait le « non » des retraités au « plan d’austérité ».

FO FUSTIGE LE PACTE DE RESPONSABILITÉ

Ce mauvais plan s’ajoute à une liste déjà longue de mesures qui ont contribué à la baisse des revenus des retraités. Parmi celles-ci : la suppression d’une demi-part fiscale accordée aux veufs ou veuves ayant eu des enfants, la fiscalisation des majorations de 10% pour les retraités ayant élevé trois enfants et plus, ou encore, depuis le 1er avril 2013, la Contribution additionnelle à la solidarité pour l’autonomie (CASA), une taxe de 0,3% à laquelle sont soumis les retraités imposables.

Les réformes qui se sont succédé depuis une vingtaine d’années ont considérablement réduit le niveau des retraites. Cette dégradation est notamment due au passage des 10 meilleures années aux 25 meilleures années de carrière pour calculer la retraite à taux plein et à l’indexation des pensions sur les prix et non plus sur le salaire moyen (réforme Balladur de 1993), mais également à l’augmentation de la durée de cotisation mise en place au même moment. Augmentation qui a été confirmée et durcie avec le système de décote en 2003, 2008, 2010 et 2014.

« Les pensions des retraités ne sont pas des privilèges mais des droits, acquis grâce aux cotisations versées toute leur vie », rappelle Didier Hotte, secrétaire général adjoint de l’Union confédérale des retraités FO. « C’est aussi cela que les retraités ont rappelé par leur mobilisation. » Une journée d’action à laquelle appelaient, outre l’UCR FO, huit autres organisations de retraités, parmi lesquelles leurs unions confédérales, mais sans la CFDT qui a donné son blanc-seing au pacte de responsabilité.

Françoise Lambert

Voir les commentaires

Chiffres du chômage : toujours plus !

3 Juin 2014, 10:44am

Publié par Syndicat FO du Centre Psychothérapique de l'Ain

En avril 2014, le nombre de demandeurs d’emploi, sans emploi et tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (catégorie A), en France métropolitaine augmente de 0,4 % sur un mois soit 14 800 demandeurs d’emploi en plus.

Le nombre total de demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (cat A,B et C) s’élève à 4 millions 985 900 personnes soit une augmentation de 0,7 % sur un mois.

Quelle que soit la catégorie observée le constat est quasiment le même : les hommes comme les femmes sont impactés par cette hausse, les jeunes comme les seniors.
Toujours aussi inquiétant par rapport à ce que cela implique pour les personnes qui le subissent, c’est le chômage de très longue durée qui augmente le plus (+1.5 % sur un mois concernant les inscriptions de 3 ans ou plus).

Une telle situation n’autorise pas à utiliser des formules toutes faites ou à contester tel ou tel chiffre ou prévision. Un seul constat s’impose : les demandeurs d’emploi sont toujours plus nombreux et subissent cela de plus en plus longtemps.

Aussi, Force Ouvrière continue de revendiquer un changement de politique économique et sociale pour soutenir une croissance forte et créatrice d’emplois qui ne se décrète pas par des discours ou un pacte de responsabilité focalisé sur la baisse du coût du travail.

Pour FO c’est une relance du pouvoir d’achat, le développement des services publics, le développement de véritables investissements industriels et donc la fin des politiques d’austérité qui assureront le retour de la croissance et de la création d’emplois.

Voir les commentaires

1 2 > >>